23.02.2007
Le recyclage selon Royal
La question doit être posée au regard du remaniement de son équipe de campagne qui vient d'avoir lieu. Déjà, un changement aussi important à deux mois du premier tour de l'élection présidentielle ne peut être que la manifestation d'un malaise dans la machine socialiste. Mais le plus frappant est l'hétérogénéité dans la composition de cette nouvelle équipe. Derrière la façade médiatique, c'est bien en vérité tout le gouvernement Jospin qui s'est donné rendez-vous : on y retrouve ses deux malheureux adversaires à l'investiture, DSK et Fabius, des anciens ministres comme Martine Aubry, ou d'une autre génération, Pierre Mauroy... ou même Lionel Jospin ! Bernard Kouchner, qui il y a peu se déclarait prêt à entrer dans un gouvernement d'union nationale en cas de victoire de Sarkozy, a lui aussi suivi le mouvement.
La volonté est donc clairement de resserrer les rangs. Ségolène Royal a construit son personnage politique en écartant volontairement l'appareil du parti, lui préférant ce que l'on a nommé la "démocratie participative". Elle réoriente à présent sa campagne en s'appuyant sur le PS dans toute sa diversité, voire dans toutes ses contradictions. Celle qui prétendait rassembler la gauche se livre maintenant à un véritable verrouillage de son camp. Au diable les propositions critiques émises à l'encontre des 35 heures, on prend les mêmes et on recommence ! Il ne faut pas s'y tromper, Ségolène Royal est bien de la même espèce que les "éléphants" qu'elle a devancé l'automne dernier.
La "méthode Royal" n'aura pas résisté à la pression de l'appareil socialiste et, phénomène extérieur, à l'adhésion que suscite la candidature de François Bayrou chez les orphelins du centre-gauche.
Ce recentrage de l'équipe socialiste est une réaction forcée (désespérée ?) à l'émergence de ce Centre libre et ambitieux que l'UDF a le courage de porter.
Ce recentrage de l'équipe socialiste est une réaction forcée (désespérée ?) à l'émergence de ce Centre libre et ambitieux que l'UDF a le courage de porter.
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